La Climate Week qui s’ouvre à New York aujourd’hui en marge de l’Assemblée générale des Nations unies va rassembler décideurs politiques, économiques et activistes du monde entier. Première de l’ère post-COP21, son enjeu est double : favoriser l’entrée en vigueur la plus rapide possible de l’Accord de Paris, et accélérer l’action pour atteindre les objectifs fixés par celui-ci.

Rappelons-le : l’Accord de Paris doit entrer en vigueur d’ici à 2020, dès que 55 États représentant 55 % des émissions mondiales l’auront ratifié, c’est-à-dire intégré à leurs dispositifs juridiques nationaux. L’excellente dynamique générée à Paris, dont la ratification récente de la Chine, des États-Unis et du Brésil sont une nouvelle preuve, permet aujourd’hui d’envisager une entrée en vigueur de l’accord dès 2016 ! Après l’engagement et l’appel des membres du G20 en Chine, Ban Ki-moon réunira cette semaine les chefs d’État et de gouvernement à ce sujet. Les yeux se tournent en particulier vers l’Union européenne (qui pourrait ratifier au nom de l’UE, avant l’ensemble des États membres à titre individuel) et vers l’Inde.

Second enjeu de la Climate Week : accélérer l’action pour atteindre les objectifs fixés par l’Accord de Paris, c’est-à-dire contenir l’élévation de la température en dessous de +2°C, poursuivre les efforts pour la limiter à +1,5°C, atteindre un pic des émissions mondiales dès que possible, et ensuite les faire rapidement diminuer.

Cela nécessite une action forte de tous les acteurs, publics et privés. La Climate Week sera en particulier l’occasion de prendre le pouls des acteurs économiques et de la finance. De nombreux engagements ont été pris lors de la COP21, de nombreuses initiatives lancées. Il faut maintenant que les engagements soient suivis d’effets, et que la dynamique s’accélère encore pour devenir la norme.

Faire converger l’action de court terme vers les objectifs de l’Accord de Paris nécessite de promouvoir les actions ayant un réel potentiel de transformation, et de faire converger les efforts des acteurs publics et privés en ce sens. L’établissement de stratégies de développement bas carbone à long terme (Long-term Low Emissions Development Strategies – LEDS), encouragé par l’Accord de Paris, doit être pensé en ce sens. L’Iddri continue à être fortement engagé pour cela, et réunit ces jours-ci 50 chercheurs du réseau international Deep Decarbonization Pathways  pour lancer la phase 2 du projet.

L’Iddri s’investit également pour identifier les conditions et modalités concrètes de la transition, qui nécessite la mise en place d’un ensemble cohérent de politiques d’accompagnement. L’Iddri lance ainsi, en collaboration avec Climate Strategies, et avec le soutien de la fondation KR, le projet Coal Transitions. Ce projet de deux ans a pour objectif d‘étudier les conditions de sortie du charbon pour six pays fortement dépendants : Chine, Inde, Australie, Afrique du Sud, Pologne et Allemagne, en tenant compte de leurs spécificités socio-économiques.

Institut du développement durable et des relations internationales.

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