Du 5 au 9 juin prochain à New York se tiendra la conférence des Nations unies sur la mise en œuvre de l’Objectif de développement durable n°14 consacré aux Océans. Une opportunité à ne pas manquer pour (re)mobiliser tous les acteurs de la conservation de l’environnement marin autour de la définition concertée de plans d’action concrets, aux échelles nationale, régionale et globale.

Lors d’un sommet organisé à l’ONU en septembre 2015, la communauté internationale s’est dotée d’Objectifs de développement durable (ODD), dont la mise en œuvre a pour vocation de produire ou d’accélérer une transformation des modèles de développement, et ainsi placer tous les États, riches comme pauvres, sur une trajectoire soutenable à l’horizon 2030. Parmi les 17 ODD adoptés, l’ODD 14 vise spécifiquement à « conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable ». La bonne santé des écosystèmes marins est ainsi placée au cœur de l’agenda politique international. C’est en effet une condition essentielle au bien-être de l’humanité : les océans couvrent deux tiers de la planète, fournissent une nourriture indispensable à des millions de personnes, régulent le climat, abritent une biodiversité exceptionnelle et constituent le support d’activités économiques d’importance majeure pour de nombreux pays.

Mais l’adoption de l’ODD Océans n’est qu’une première étape : il convient, à présent, de s’atteler à sa mise en œuvre – d’autant plus urgente que nombre des cibles qui lui sont associées (gérer et protéger durablement les écosystèmes marins et côtiers, mettre fin à la pêche illégale, préserver au moins 10 % des zones marines et côtières, etc.) doivent être atteintes d’ici 2020. Ces enjeux seront au cœur de la Conférence des Nations unies organisée à New York du 5 au 9 juin 2017. Cet évènement, initié par les Fidji et la Suède, réunira des centaines de personnes, représentants d’Etats, d’organisations internationales, de centres de recherche, de fondations, de bailleurs, d’ONG et du secteur privé – tous concernés par l’avenir du milieu marin. Organisée autour de sessions plénières, de dialogues de partenariats axés sur les différentes cibles de l’ODD 14 et d’événements parallèles, la conférence donnera lieu à l’adoption d’un « Appel à l’action », d’un rapport résumant les dialogues de partenariat et d’une liste d’engagements volontaires destinés à la mise en œuvre de l’ODD Océans.

Enième conférence onusienne dont on sait par avance que les résultats seront limités, ou rencontre opportune capable de donner un souffle dans la mise en œuvre de l’ODD 14 ? L’avenir nous le dira, mais il existe des raisons d’y croire.

En premier lieu, cette conférence devrait permettre d’ancrer encore davantage la mise en œuvre de l’ODD 14 dans les agendas politiques nationaux. Cela devrait déjà être le cas puisque les ODD ont officiellement été adoptés il y a plusieurs mois mais, on le sait, leur mis en œuvre implique souvent de profondes réformes, institutionnelles et économiques notamment. À cet égard, on constate que la préparation de cette conférence mobilise de nombreux États qui souhaitent présenter à New York des éléments solides et une stratégie bien définie. Pour plusieurs pays, du Nord comme du Sud, ces derniers mois ont donc été consacrés à l’élaboration d’un plan d’action national. En ce sens, la conférence a déjà été un vecteur de mobilisation.

En second lieu, cette conférence devrait contribuer à renforcer la coopération internationale pour la conservation et l’utilisation durable des ressources marines. Si la mise en œuvre de l’ODD 14 incombe d’abord et avant tout aux États, la nature transfrontière de l’environnement marin impose néanmoins une coopération renforcée. Ce sera très certainement le sens de l’« Appel à l’action », déclaration intergouvernementale qui dressera une feuille de route pour la mise en œuvre de l’ODD 14, et l’objet des « dialogues de partenariat » durant lesquels l’ensemble des participants aura l’occasion d’exprimer son point de vue sur les moyens à déployer pour atteindre l’ODD Océans. Tel sera également l’objectif de l’évènement organisé par l’Allemagne, la Suède et le Programme des Nations unies pour l’environnement, en partenariat avec l’Iddri, l’IASS et TMG, consacré à la coopération régionale pour la mise en œuvre de l’ODD 14. À cette occasion, l’Iddri et ses partenaires présenteront un rapport mettant en lumière le rôle majeur que peuvent jouer les organisations régionales dans la mise en œuvre de l’ODD Océans.

Enfin, et plus largement, l’évènement de New York constitue une excellente opportunité pour créer de grandes coalitions autour des différentes cibles de l’ODD 14. Ces cibles sont ambitieuses et les besoins pour les atteindre colossaux. Or, dans de très nombreux pays, les moyens – financiers et humains, notamment – sont limités. États, organisations internationales, centres de recherche, ONG, secteur privé… personne n’y arrivera seul, et la création de synergies est donc un impératif que la conférence de juin pourra, espérons-le, susciter, notamment grâce aux engagements volontaires attendus.

Coordinateur du programme Océans et zones côtières

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