Les élections fédérales allemandes se tiendront à la fin du mois. Une fois celles-ci passées, le couple franco-allemand et ses partenaires devront de toute urgence s’atteler à proposer un projet européen fort et porteur.

Avec « One Belt, One Road », plan d’investissement massif pour développer les infrastructures et les relations commerciales le long de l’ancienne route de la Soie, la Chine a mis en place et clairement indiqué au monde sa volonté d’étendre ses relations commerciales et son influence vers l’Asie centrale, le Moyen-Orient, l’Europe et l’Afrique, et propose cette initiative comme un nouveau projet politique global pour la mondialisation. Dans le même temps, l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis modifie la posture de la première puissance mondiale dans le monde. Son annonce du retrait de l’Accord de Paris, se désolidarisant de l’ensemble des pays du monde pour régler un défi majeur de l’humanité, a été un signal clair de ce nouvel unilatéralisme.


Face à cela, quelle est la réponse de l’Union européenne ? Quelle vision souhaitons-nous véhiculer pour soutenir et renforcer la coopération multilatérale ? Quel projet souhaitons-nous porter, pour l’union entre ses États membres et pour la place et le rôle de l’Europe dans le monde ? Alors que l’agenda européen est marqué par les négociations sur le Brexit, il faut créer un espace pour une nouvelle vision, un nouveau souffle.


Le défi du XXIème siècle est incontestablement celui de trouver les voies pour que l’économie apporte la prospérité à tous, en réduisant significativement les inégalités, en évitant un réchauffement climatique insoutenable, et ceci dans les limites de la planète. Ce défi est à la fois extrêmement complexe – nous devons infléchir nos cadres politiques et modèles économiques actuels et renforcer la solidarité avec les pays les plus vulnérables – et extrêmement porteur, source d’innovations.


Ce défi ne sera relevé qu’avec tous les pays, mais l’Union européenne possède une force et une expérience inégalables dans le monde, tant sur le plan économique, qu’environnemental et social.


Sans que cela n’attire fortement l’attention, l’Union européenne a d’ailleurs œuvré, avec ses amis d’Amérique Latine, pour l’adoption de l’Agenda 2030 et de ses 17 objectifs de développement durable (ODD) par l’ensemble des chefs d’État et de gouvernement lors de l’Assemblée générale de l’ONU de septembre 2015. Nous avons donc déjà une boussole : ce sont les ODD. Il faut maintenant un projet politique.


Aucun des cinq scénarios proposés il y a quelques mois par la Commission européenne ne relève ce défi. Il faut en construire un autre, celui du développement durable. Nous avons un peu moins de deux ans pour cela, d’ici à l’élection du parlement européen mi-2019, puis au renouvellement de la Commission. L’Iddri cherchera résolument à y concourir.

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