L'Iddri en direct des négociations climat

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Friday 11 December 2009

Adaptation: fractions emerge between developing countries

The group of developing countries, which may once have appeared to present a united front to industrialized nations regarding the ‘adaptation’ component of negotiations, revealed its divisions during an informal meeting yesterday morning. A clear distinction has emerged between the Least Developed Countries (LDCs) and the richer developing states (South Africa, Indonesia and Nigeria in particular), revealing the many fractures within the group. The 130 developing country signatories to the Convention comprise a highly heterogeneous group, many clearly having very different issues to bring to the negotiations. Although they are often able to stand together against the industrialized countries, cracks are sometimes apparent.

In terms of adaptation, the issue at the heart of the discord is future funding to assist developing countries with climate change adaptation: a form of compensation for the pollution - past, present and future - of industrialized countries. This funding, because it should represent a significant amount - a figure expected to be of around fifty or even a hundred billion dollars per year by 2020 - provokes envy from developing countries. The countries considered most vulnerable (LDCs, small island developing countries and some African nations that suffer from recurrent droughts) push hard to obtain the largest possible slice of the cake. Other developing countries do not share the same point of view, and do everything they can to reduce the distinctions between developing countries within the text of the negotiations. If they are successful in doing so, it is clear that the funding share for LDCs and small island states will be greatly reduced.

The tension was palpable yesterday morning at an informal meeting on the drafting of the final adaptation text. LDCs insisted that the text’s content on vulnerability refers primarily to them, while other developing countries sought to remove any distinctions. Such tensions between developing countries exist not only with regards to the definition of vulnerability. Recently, small island states became involved in open conflict with emerging countries and oil producing countries over the issue of how to address the legal form of the Copenhagen agreement. Is it possible that this conference could sound the death knell for the entente cordiale between developing countries?

Thursday 11 December 2008

L'Iddri à Poznan : Le Fonds d’Adaptation joue les prolongations

La veille de la clôture de la COP, les pays développés et en développement ne sont toujours pas tombés d’accord sur un moyen d’opérationnaliser le Fonds d’Adaptation. Derrière des négociations techniques se cache un désaccord politique entre pays en développement et développés : les pays en développement veulent accorder au Fonds une capacité juridique propre qui lui garantisse son indépendance vis-à-vis de la Banque Mondiale et du GEF ; les pays développés refusent, une telle décision donnant une autonomie totale au Fonds (dont le conseil d’administration est majoritairement composé de représentants de pays en développement). Pour eux, accorder une capacité juridique au Fonds revient à lui donner une feuille blanche signée de leur main : ce qu’en fera le conseil d’administration est plus qu’incertain.

L’enjeu ici est de créer un précédent important pour la définition d’une architecture financière post-2012, voire même pour la conception de la coopération internationale. Malgré cela, l’Union Européenne et les pays de l’Ombrelle veulent faire aboutir les négociations d’ici demain pour ne pas voir leur action en matière d’adaptation décrédibilisée.

Monday 8 December 2008

L'Iddri à Poznan : L'assurance en vogue

La conférence lui a consacré une matinée entière jeudi matin, un"side event" et une conférence de presse aujourd’hui: l’assurance est sur toutes les lèvres à Poznan. Un mécanisme assurantiel est vu comme une composante clé d’un éventuel accord sur l’adaptation à Copenhague. Il permettrait en pratique de limiter les risques liés à l’augmentation prévue de la fréquence et de l’intensité des évènements extrêmes (sécheresses, inondations, tempêtes tropicales ...). Toutes les dimensions de l’assurance sont concernées, de la micro-assurance à la réassurance. Munich Re et Swiss Re, les ONG de développement et les universitaires qui ont vendu leur approche sont, de leur aveu même, les premiers étonnés de l’engouement qu’a suscité l’assurance à Poznan.

Même si l’idée fait son chemin et que des propositions concrètes commencent à être avancées, beaucoup reste à faire. En particulier, la participation financière des pays développés dans un mécanisme vraisemblablement destiné aux pays en développement doit être définie. Dans le même registre, la question de savoir quelle part des évènements extrêmes est due au changement climatique, et incidemment quelle part du mécanisme sera financée par les pays du Nord est sagement laissée de côté. Enfin, l’intérêt des principales compagnies de réassurance pour l’idée laisse présager qu’il y voient une certaine rentabilité; les pays en développement accepteront-ils que des entreprises du Nord s’enrichissent à travers ce mécanisme?

Saturday 6 December 2008

L'Iddri à Poznan : Changement climatique et migrations forcées - Retour sur le side-event du 6 décembre

Parmi les conséquences les plus dramatiques du changement climatique, on cite souvent la possibilité d’importants déplacements de populations. Plusieurs études, à commencer par les rapports du GIEC, ont régulièrement mis en garde contre de possibles flux migratoires massifs, et Javier Solana, dans une comminication au Conseil européen en mars dernier, a estimé que ces migrations présentaient le risque de déstabiliser certaines régions.

Pour autant, les recherches empiriques sur les liens entre migrations et changement climatique restent rares et dispersées. Le projet EACH-FOR est le premier projet d’envergure à étudier cette relation à l’échelle globale, et dans une dimension comparative. Les recherches ont porté sur une vingtaine d’études de cas, réalisés selon une méthodologie commune, avec cette question centrale: dans quelle mesure les dégradations de l’environnement provoquent-elles des flux migratoires ? Le side-event du 6 décembre présentait les premiers résultats de ce projet, devant une salle remplie aux trois-quarts (une soixantaine de participants environ). Au travers des cas du Kirghizstan, Bangladesh, Tuvalu, Mozambique et Vietnam, une série de conclusions communes ont pu être dégagées:

- Les facteurs environnementaux jouent un rôle important dans la décision migratoire, et se mêlent aux facteurs économiques et politiques, sur lesquels ils ont également une influence.

- Dans la plupart des cas, les populations les plus vulnérables ne peuvent migrer, faute des ressources et des politiques adéquates. Permettre la migration représente dès lors un défi politique important.

- Les Etats conservent un rôle fondamental dans la gestion des migrations, et les flux migratoires restent largement déterminés par les politiques migratoires mises en oeuvre. Les conclusions du projet réfute donc largement la perspective déterministe qui est souvent de mise sur ces questions. L’importance des flux migratoires provoqués par le changement climatique resteront largement déterminés par les politiques mises en place.

- La migration ne représente pas nécessairement un échec des stratégies d’adaptation, mais peut au contraire être en soi une stratégie d’adaptation, directement mobilisée par les migrants eux-mêmes.

Les questions, particulièrement nombreuses, ont souligné l’importance d’intégrer cette question dans les débats sur l’adaptation, ainsi que d’internaliser les coûts de ces migrations par des mécanismes de compensations. La Commission européenne, qui a financé le projet, a été vivement invitée par plusieurs participants à poursuivre le financement des recherches sur cette question, notamment dans le but de récolter des données quantitatives pour compléter ces premiers résultats qualitatifs.

Participants: Koko Warner, Marc Stal, Olivia Dun (UNU-EHS) et François Gemenne (IDDRI). Modérateur: Lars Müller (Commission Européenne).

Thursday 4 December 2008

L'adaptation à Poznan: bilan des premiers jours

Un des quatre piliers de la feuille de route de Bali, les questions d’adaptation ont déjà été abordées dans de nombreuses enceintes à Poznan. Ces premiers jours de conférence ont permis aux parties de mettre en avant leur position sur les points clés qui seront vraisemblablement traités d’ici au 12 décembre: financement, mise en œuvre et gouvernance de l’adaptation. L’objectif n’est pas de régler ces questions ici, à Poznan, mais plutôt de clore une phase de pourparlers et de lancer une phase de négociations qui puisse aboutir à un accord à Copenhague.

Les interventions des pays en développement, majoritaires sur le sujet, ont été marquées par un double sentiment d’urgence et de frustration: urgence dans la nécessité de faire face aux impacts du changement climatique - en particulier pour les populations les plus vulnérables -, et frustration face à l’insuffisance des financements disponibles et à la bureaucratie à affronter pour y accéder. Les PMA (Pays les Moins Avancés) et les PEID (Petits États Insulaires en Développement), reconnus comme les plus vulnérables au changement climatique, ont particulièrement insisté sur la nécessité de progresser significativement en matière d’adaptation à Poznan.

La multiplicité des cadres de négociations dans lesquels sont traitées les questions d’adaptation n’en facilitera ni le suivi ni les avancées. Ces avancées sont attendues dans quatre domaines: la gestion nationale de l’adaptation, la simplification et l’augmentation de l’appui financier et technologique, le partage des connaissances, et l’établissement d’un cadre institutionnel pour l’adaptation.

Wednesday 3 December 2008

L'Iddri à Poznan : Climate Change and (Forced) Migration

This session (December 6) will present the outcomes of the first global scoping project on environmental change and migration, sponsored under the EC 6th Framework Program. The case studies find a clear environmental signal in current migration patterns, and urge the scientific and policy community to devote more effort to understanding the dynamics of migration in the face of climate change.

François Gemenne will present a comunication called "Is environmental migration happening? Empirical findings from Central Asia, Asia, and the Pacific Islands".

Presentation of the side event