Le conseil européen du 11 décembre s’est conclu sur des annonces des pays concernant le financement « fast start » pour la lutte contre le changement climatique. Il s’agit de financement destinés aux PED afin d’initier sans tarder les investissements nécessaires à la lutte contre le changement climatique les trois prochaines années.

Ces contributions sont volontaires, sur la base des situations budgétaires propres à chaque état membres. Au total, les Etats Membres ont proposé 2,4 milliards d’euros par an sur 2010-2012 soit au total 7,2 milliards d’euros incluant 1,65 milliards d’euros de la Grande Bretagne et 1, 26 milliards d’euros de la France.

La commission européenne avait publié en septembre une communication sur les besoins de financement estimés pour la lutte contre le changement climatique et l’adaptation dans les PED, ainsi que la part des différents mécanismes (contribution des PED, finance public, marché). Sur un total estimé de 100 milliards par an d’ici 2020, la commission estimait que la part de la finance publique pourrait représenter entre 22 et 50 milliards d’euros et la part de l’Europe entre 2 et 15 milliards d’euros. En outre, elle estimait que les besoins de financement pour le « fast start » devaient s’élever entre 5 et 7 milliards d’euros annuellement sur 2010-2012. Ainsi, le chiffre annoncé à l’issu du Conseil européen est en accord avec la communication de septembre. Cependant, il n’est pas clair dans quelle mesure les financements annoncés sont réellement additionnels par rapport aux montants de l’Aide Pour le Développement existants.

Toutes proportions gardées, ces annonces restent très modestes. Modestes lorsqu’on les compare au montant de l’APD mondiale, s’élevant à 120 milliards d’euros par an et dans la mesure où il est attendu des pays développés qu’ils doublent ces montants dédiés spécifiquement à l’aide au développement. Si on y ajoute les montants estimés destinés plus particulièrement au changement climatique (100 milliards d’euros par an), il faudrait ainsi que les efforts de la finance publique des pays développés soient multipliés par trois d’ici 2020.