Si l’issue finale de la COP15 reste incertaine, la plus grande confusion règne également sur le processus qui aboutira à cette issue. Les pays en développement réclament, depuis le début de la conférence, un processus équitable, ouvert et transparent. Trop longtemps, les pays en développement ont eu l’impression d’être les grands oubliés d’un processus qui se résumait à des marchandages entre pays industrialisés - ils veulent désormais que leur voix soit pleinement entendue, et n’hésiteront pas à faire capoter les négociations si elle ne l’est pas. Le problème, c’est qu’il est évidemment difficile de mettre tout le monde autour de la table au-delà des séances plénières formelles: les décisions cruciales, on le sait, se prennent souvent entre quelques uns au bout de la nuit. A cet égard, l’idée de Connie Hedegaard de tenir rapidement des consultations informelles entre quelques délégations pour faire avancer le processus était sans doute une mauvaise idée: de nombreux pays se sont sentis exclus du processus, ce qui a installé un climat de méfiance entre pays industrialisés et pays en développement.

L’autre question importante, dans le processus, est celle de la participation de la société civile. Si cette conférence est aussi importante, si on annonce la présence de 119 chefs d’Etat et de gouvernement, c’est aussi parce que les ONGs l’ont voulu ainsi. Contrairement à d’autres grandes négociations onusiennes, les ONGs ont toujours été très étroitement associées aux négociations, qu’elles ont à la fois nourries et stimulées. Pour des raisons logistiques qui tiennent à la fois à la capacité du Bella Center et à la sécurité des personnalités, le secrétariat de l’UNFCCC a décidé de restreindre considérablement l’accès du Bella Center à la société civile. Aujourd’hui, les quelque 20 000 représentants de la société civile devront ainsi se partager 7000 accréditations. Jeudi, ce sera 1000 et vendredi... 90. Cette décision n’est pas uniquement logistique, contrairement à ce que voudrait faire croire le secrétariat de l’UNFCCC: exclure la société civile d’un processus qu’elle a toujours accompagné est une décision profondément politique, et les manifestant qui se font actuellement molester par la police à l’extérieur du Bella Center l’ont bien compris.

Quelle que soit le résultat de cette COP, on ne pourra faire l’économie d’une réflexion profonde sur l’équité, l’ouverture et la transparence du processus de négociations. Ce n’est pas juste une question de logistique.